Depuis deux semaines, je n’ai que très peu écouté la radio ou lu les journaux. Le résultat des élections américaines m’a sonnée. Ce que je ressens s’apparente à un lendemain de veille qui s’étire : nausée, tête embrumée, vertige. Je n’arrête pas de penser à toutes ces personnes qui vont souffrir, à toutes celles qui seront davantage minorisées, appauvries, intimidées, violentées par un discours ambiant qui le permettra et l’encouragera. Par des droits qui seront peut-être retirés, moins bien garantis. Au royaume de la liberté avec un grand « L », on ne semble pas toujours s’intéresser à ce qui permet l’exercice de la liberté, aux conditions mêmes de sa possibilité.