Ces derniers jours marquent un anniversaire symbolique : cela fait dix ans que j’ai choisi le Québec. Dix ans que j’ai quitté Manchester, au New Hampshire, pour m’installer dans la société de laquelle j’avais hérité la langue, la mémoire et le sens du collectif sans pouvoir les vivre pleinement. Dix ans que je suis revenu, d’une certaine manière, sur la terre de mon père – pour enfin vivre en français autrement qu’à contre-courant.